#SOCIAL#NUTRITION : rencontre avec Elizabete, bénéficiaire du projet Danone Ecosysteme « Caring for the Caregivers »

2,3 millions de Brésiliens sont aujourd’hui dépendants de l’aide d’une tierce personne pour vivre. Les métiers de service aux personnes âgées représentent un enjeu crucial. Les aînés ont besoin de soins et d’une alimentation spécifique et les auxiliaires de vie sont les premiers relais pour sensibiliser à de tels enjeux. Grace à ce projet, en cinq ans, 1 150 personnes recevront une formation adéquate. 80% devraient trouver un travail.

Elizabete est l’une des « Caregivers » formées par l’association. Cela fait un an qu’elle suit le programme; elle est aujourd’hui officiellement une « cuidador », une auxiliaire. Elle travaille dans un centre social public pour personnes âgées dites « fragilisées », venant essentiellement de la rue ou ayant subit des violences physiques ou psychologiques dans leurs familles.

Elizabete travaille auprès de personnes âgées depuis 10 ans, principalement des sans-abris, une vraie vocation. Avant d’être auxiliaire, elle était cuisinière dans des centres, et apprenait aux résidents comment cuisiner et se nourrir. Elle me dit avoir toujours aimé s’occuper des autres, « Je crois que j’ai cela en moi depuis longtemps » (Mes yeux s’arrêtent à ce moment sur son collier, un pendentif en forme …de cœur…comme quoi. Ce sont souvent des petits détails qui en disent long sur la personne...).

Et quand on lui demande pourquoi les personnes âgées plutôt que d’autres, les enfants par exemple, elle répond que nos ainés ont tout à nous apprendre. « Les personnes âgées ont l’expérience de la vie, des histoires à nous raconter, des choses à nous transmettre (…). Pourtant on les néglige trop, ici beaucoup de familles les cachent comme une honte ». (Je m’interroge : que c’est-il passé dans nos sociétés ? Nos anciens ne sont-ils pourtant pas les plus sages ? Une sagesse que l’on étouffe, au profit de l’indifférence ou de l’exclusion).

Quand je vois Elizabete avec les résidents du centre, attentionnée, souriante, tactile, je suis touchée par ce qu’elle est et ce qu’elle donne. Elle me parle de leurs histoires : ce couple « fraichement » formé au sein du centre qui ont l’aire de deux adolescents amoureux,  ou cette femme, arrivée il y a plus d’un an, qui a perdu la parole depuis qu’elle a subit des violences physiques dans son foyer….elle s’accroche au bras d’Elizabete pendant toute la visite du centre. Elle ne parle pas mais ses yeux montrent de la détresse.

Je prends ici conscience du rôle essentiel des auxiliaires de vie, de cette main donnée avec tendresse ou de ce mot qui rassure, pour des gens qui se sentent beaucoup trop seuls et exclus.

 

Avec cette formation d’auxiliaire, Elizabete a pu progresser professionnellement, et elle croit au potentiel du métier. Elle a appris beaucoup : nutrition médicale, soins, soutien psychologique… « Au delà de l’évolution professionnelle, cette formation m’a apporté une vraie considération et satisfaction personnelle. »

En effet, l’apport est multiple, il s’agit tout d’abord d’un emploi plus rémunérateur (son salaire a déjà progressé de plus de 20% en an et continue sur cette tendance), mais le programme permet aussi une prise de conscience de ses capacités, une confiance en soi (« oui, je suis fière d’être une auxiliaire de vie »), une valorisation qui développe l’envie d’apprendre et d‘entreprendre. « Aujourd’hui, j’aimerais aller plus loin et suivre une formation en psychologie ; j’aimerais également faire partie d’une association d’auxiliaires pour défendre le métier. »

Alors que manque t-il aujourd’hui aux femmes pour se former et se professionnaliser ? L’envie, la confiance ?

« Les femmes ont la plupart du temps l’envie de travailler, mais il leur manque souvent le soutien de leur mari ou entourage (le machisme est encore très présent), elles doivent s’occuper des enfants, elles n’ont pas le courage nécessaire pour sortir d’un schéma qu’on leur impose, et surtout il leur manque l’opportunité, un programme de formation comme celui-ci pour les aider. »

Ce projet est une vraie chance pour ces femmes, elle en est consciente.

Et pour la suite ?

« Je veux continuer à travailler dans ce centre, mais aussi aller travailler dans des familles. Je veux approfondir mes connaissances en psychologie pour mieux comprendre les gens, afin de mieux les aider. » (…)  J’aime ce métier ».

Elizabete, es tu heureuse aujourd’hui ?

« Sim, muito Feliz ».

Un grand MERCI à Denise et Marilia de Olhe, qui font un travail incroyable pour l’association et sur ce projet. Intelligentes, chaleureuses et généreuses, ce sont deux femmes lumineuses et inspirantes, qui contribuent au progrès social de leur pays. Une autre belle rencontre qui me donne de l’espoir et de la force pour mon projet.  Merci

http://ecosysteme.danone.com/project/medical-carers-brazil/

 

Sao Paulo Brésil, février 2012 Text and Photos ©Alice Vivian